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Module 3 – Comment intervenir

MISE EN SITUATION 4 – Demande de photo intime

Dans un texto, Zacharie demande à sa copine Sabrina de lui envoyer une photo d’elle nue. Il lui dit que comme ça il pensera à elle quand ils ne sont pas ensemble. Sabrina est très hésitante. Elle vous en parle car elle se demande si Zacharie ne montrera pas la photo à ses chums.

(Selon les informations que vous irez chercher pour explorer davantage la situation-problème, il est possible que cette réponse change en cours d’évaluation.)

Vous devez obtenir davantage d’information à savoir si le copain a une intention de contrôle sur sa copine. Le fait d’avoir demandé une photo de sa copine nue ne veut pas dire qu’il a l’intention de la diffuser. La jeune a aussi le choix d’acquiescer à la demande ou pas. (Intentionnalité)

Dans la situation proposée, il n’y a pas d’action répétitive car ça semble être la première fois que la demande ait été faite, Sabrina ne parle pas d’autres situations comme celle-ci et il n’y a pas encore eu d’exposition dans l’espace virtuelle. (Action répétitive)

Peut-on inscrire cette relation dans des rapports plus globaux? Sommes-nous en présence d’une dynamique de rapports homme/femme inégaux où le copain prend le pouvoir sur sa copine? Il n’y a pas de rapport inégal en présence dans la situation exposée. (Présence de rapports inégaux)

Que faites-vous comme intervention?

1) J’explore davantage les craintes de la jeune et la relation de confiance qu’elle a avec Zacharie.

Pour bien accueillir la jeune, voici des éléments à considérer: créer un climat de confiance; prendre le temps d’écouter; prendre le temps de comprendre; la rassurer sur la confidentialité; réduire l’anxiété et le stress de la jeune; ne faire aucune remarque désobligeante; ne pas lui dire quoi faire; ne pas abaisser son ami.

2) Je la mets en garde contre les risques de diffuser une photo d’elle nue, même s’il s’agit de son copain car, effectivement, celui-ci pourrait utiliser sa photo selon son bon vouloir sans qu’elle n’ait de contrôle sur son utilisation.

Vous pouvez avoir tendance à vouloir «intervenir», «donner des conseils» au lieu de mettre le/s jeune/s au centre de l’intervention (jeune-expert). Aider la jeune à trouver ses propres réponses et comprendre qu’on n’est qu’une personne dans sa vie. Avoir une pratique réflexive.

Il est essentiel de partir de la compréhension de la jeune et de sa situation et de l’accompagner dans la recherche de solution selon son propre objet d’intervention. L’étiquetage de quelque chose comme «violent» est très chargé et peut mener à une fermeture de la part des jeunes. Cela coupe toute possibilité d’exploration. Par exemple, si l’on vise à briser une dynamique de violence, on pourrait poser des questions telles: «Qu’est-ce que tu comprends de ce message? Qu’est-ce que tu trouves dérangeant? As-tu envie d’y répondre?» ou en commentant: «Tu n’es pas obligée de répondre.»

3) Je lui reflète que si Zacharie l’aimait vraiment il ne lui demanderait pas quelque chose comme ça, qu’il pourrait utiliser d’autres moyens pour penser à elle lorsqu’ils ne sont pas ensemble.

Vous pouvez avoir tendance à vouloir «intervenir», «donner des conseils» au lieu de mettre le/s jeune/s au centre de l’intervention (jeune-expert). Aider la jeune à trouver ses propres réponses et comprendre qu’on n’est qu’une personne dans sa vie. Avoir une pratique réflexive.

Il est essentiel de partir de la compréhension de la jeune et de sa situation et de l’accompagner dans la recherche de solution selon son propre objet d’intervention. L’étiquetage de quelque chose comme «violent» est très chargé et peut mener à une fermeture de la part des jeunes. Cela coupe toute possibilité d’exploration. Par exemple, si l’on vise à briser une dynamique de violence, on pourrait poser des questions telles: «Qu’est-ce que tu comprends de ce message? Qu’est-ce que tu trouves dérangeant? As-tu envie d’y répondre?» ou en commentant: «Tu n’es pas obligée de répondre.»