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Module 3 – Comment intervenir

MISE EN SITUATION 6 – Une jeune immigrante

Maria, 17 ans, est issue d’une famille immigrante et ne maîtrise pas bien la langue française. Afin de pratiquer son français, elle participe à différentes discussions d’un groupe Facebook s’adressant aux jeunes du centre communautaire de son quartier. Dans une conversation de groupe, Maria exprime son opinion sur une activité du centre, mais fait quelques fautes de français. Elle reçoit une chaîne de commentaires:

Wow c’est crédible venant de quelqu’un qui ne sait même pas écrire!! Tu devrais retourner à l’école t’éduquer! Retourne dans ton pays si t’es pas d’accord!

Souhaitant ne pas alimenter les commentaires, elle évite l’internet pendant 3 jours. Lorsqu’elle revient dans le groupe, elle réalise que la discussion s’était poursuivie et qu’une vingtaine de commentaires avaient été ajoutés, dont certains haineux et d’autres pour prendre sa défense. Maria vous partage la situation ne sachant pas quoi faire.

(Selon les informations que vous irez chercher pour explorer davantage la situation-problème, il est possible que cette réponse change en cours d’évaluation.)

Vous devez vérifier si le groupe de jeunes avait l’intention de rabaisser ou d’humilier Maria en agissant ainsi. Dans la situation proposée ci haut, on peut croire que les jeunes ont agi délibérément pour humilier Maria. (Intentionnalité)

Dans l’énoncé proposé, on peut se demander si la situation s’est produite seulement cette fois ou si Maria reçoit souvent ce genre de commentaires quand elle s’exprime dans ce groupe Facebook. Si la situation se produit systématiquement à chaque fois qu’elle s’exprime, il y aurait donc une répétition de l’action posée. Mais le fait que les échanges continuent pendant plusieurs jours donne à cet événement un caractère «répétitif». (Action répétitive)

Peut-on inscrire cette relation dans des rapports plus globaux? Sommes-nous en présence d’une dynamique de rapports inégaux où un groupe de personnes veut rabaisser un individu afin d’augmenter son propre pouvoir? Humilier un jeune face à une difficulté de langue, en lien avec son origine ethnique ou son niveau de scolarité témoigne d’un rapport de domination et de la présence d’un rapport inégal. (Présence de rapports inégaux)

Que faites-vous comme intervention?

1) Je propose une animation de groupe aux jeunes du centre communautaire.

Il est important de parler avec les jeunes du rôle des témoins de la cyberviolence et des possibilités d’interventions de leur part. Voir la fiche technique suivante pouvant faire l’objet d’une discussion de groupe avec les jeunes du centre communautaire. http://habilomedias.ca/sites/mediasmarts/files/tip-sheet/fiche-conseil_ne-pas-faire-de-tort.pdf

2) Je regarde avec la jeune comment elle se sent face à cette situation et amène la jeune à nommer elle-même les pistes de solutions.

La jeune peut hésiter à dénoncer la situation si elle ne connaît pas l’approche d’intervention ou la politique du centre concernant la violence. Vous pourrez lui proposer de s’impliquer dans une intervention faite dans le centre, proposer une démarche de sensibilisation sur l’impact de la cyberviolence sur des personnes ciblées, de partager son expérience et ainsi contribuer à la prise de conscience des autres jeunes et au développement de leur empathie.

Quand vient le moment de penser aux solutions, il est essentiel d’inclure la jeune dans le développement des pistes d’intervention, peu importe les autres acteurs à interpeller. On met ainsi la jeune au centre de l’intervention afin de lui redonner du pouvoir sur la situation. De cette façon on démontre que l’on considère et reconnaît ses forces et son point de vue dans la recherche de solution.

3) J'encourage la jeune à dénoncer la situation aux responsables du centre communautaire.

La jeune peut hésiter à dénoncer la situation si elle ne connaît pas l’approche d’intervention ou la politique du centre concernant la violence. Vous pourrez lui proposer de s’impliquer dans une intervention faite dans le centre, proposer une démarche de sensibilisation sur l’impact de la cyberviolence sur des personnes ciblées, de partager son expérience et ainsi contribuer à la prise de conscience des autres jeunes et au développement de leur empathie.