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Module 3 – Comment intervenir

MISE EN SITUATION 5 – Jeune ayant un handicap

Isaac a un problème de bégaiement. Chaque fois qu’il intervient en groupe d’autres jeunes le filment et publient leurs vidéos sur YouTube. D’autres jeunes qui ont vu les vidéos sur YouTube les ont «aimées» ou ont ajouté des commentaires désobligeants.

(Selon les informations que vous irez chercher pour explorer davantage la situation-problème, il est possible que cette réponse change en cours d’évaluation.)

Vous devez vérifier si le groupe de jeunes avait l’intention de rabaisser ou d’humilier Isaac en agissant ainsi. Dans la situation proposée ci haut, on peut croire que les jeunes ont agi délibérément pour humilier Isaac, même si ce n’est que pour «rire». (Intentionnalité)

Dans l’énoncé proposé, on peut constater que la situation se produit «Chaque fois qu’il intervient en groupe», il y a donc une répétition de l’action posée. (Action répétitive)

Peut-on inscrire cette relation dans des rapports plus globaux? Sommes-nous en présence d’une dynamique de rapports inégaux où un groupe de personnes veut rabaisser un individu afin d’augmenter son propre pouvoir? Humilier un jeune à cause d’un handicap afin d’augmenter son statut social ou sa popularité témoigne de la présence d’un rapport inégal. (Présence de rapports inégaux)

Que faites-vous comme intervention?

1) Je rencontre rapidement Isaac afin de lui offrir un espace pour parler de ce qu’il vit et d’offrir des solutions concrètes pour faire cesser la situation.

Pour bien accueillir le jeune, voici des éléments à considérer: créer un climat de confiance; prendre le temps d’écouter; prendre le temps de comprendre; le rassurer sur la confidentialité; réduire l’anxiété et le stress du jeune; ne faire aucune remarque désobligeante; ne pas lui dire quoi faire.

2) Je propose d’animer un atelier sur la cyberviolence et ses impacts lors du prochain groupe.

Vous pourrez initier une intervention de groupe, car plusieurs personnes sont impliquées ou ont été témoins de cette violence. Les jeunes doivent être informés et sensibilisés davantage sur la cyberviolence, ses impacts, ses conséquences sur les personnes ciblées et le rôle positif qu’ils et elles peuvent jouer dans les situations de violence médiées par les TIC et le web dont ils et elles sont témoins. Nous pouvons explorer, par exemple, avec le groupe, les caractéristiques spécifiques de la cyberviolence afin qu’ils apprennent davantage sur l’impact de ce type d’action et pourquoi il est important d’en parler:

Anonymat

Souvent on ne peut pas identifier l’auteur.e des communications. Il ou elle peut rester anonyme ou utiliser une identité fictive.

Le sentiment d’impunité

Comme la communication peut rester anonyme et les personnes qui la font ne voient pas leur impact sur la cible, elles n’ont pas de regrets et n’ont pas peur d’être attrapées. Cet anonymat peut favoriser l’inhibition et un sentiment d’invincibilité.

L’instantanéité de la diffusion des messages et des réponses

Avec un clic, le message est parti, souvent sans trop de réflexion sur ses conséquences.

Capacité de se répandre et pérennité

L’audience potentielle est infinie. Aussi, il y a une «perte de contrôle» sur la diffusion du contenu qui sera presque impossible de supprimer par la suite.

Le caractère incessant de la violence

Les communications sont présentes 24h/24, 7 jours sur 7 et peuvent vous suivre jusqu’à dans votre intimité. Cette violence est difficile à fuir ou à éviter.

On peut être cible et auteur.e en même temps

Une catégorisation des jeunes entre «victime» et «bourreau» s’avère simpliste, car on peut être à la fois non seulement «cible» mais aussi «auteur.e» de violence. On peut sensibiliser les jeunes sur le fait qu’il est possible que ça leur arrive, que personne n’est à l’abri.