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Module 3 – Comment intervenir

Interventions collectives et préventives

En amont dans votre organisme

Pour débuter la mise en place de stratégies de prévention de cyberviolence, il est pertinent de développer un cadre conceptuel commun. Ce cadre pourrait contenir les aspects suivants.

La définition

D’abord, la mise en place de stratégies nécessite une entente sur la définition de l’intimidation ou de la violence médiée par les TIC. Comme il y a un continuum entre les chicanes interpersonnelles entre les jeunes et les diverses formes de violence, il serait mieux de déterminer sur quoi vous voulez intervenir.

Une pluralité de stratégies

Souvent, il y a tendance à penser en termes de stratégie unique ou «une taille pour tous». Mais la problématique de la cyberviolence est complexe et envoie à une pluralité d’interventions diverses liées à votre contexte (urbain, rural, multiculturel, lié à l’âge des jeunes, etc.)

La reconnaissance du plaisir des TICS

Il est important d’en tenir compte et de ne pas nier la notion de plaisir dans les TIC et ne pas les diaboliser.

De plus, il est important que votre organisme offre des espaces informels aux jeunes.

Souvent les jeunes recherchent des espaces moins structurés où ils et elles peuvent se retrouver pour échanger informellement entre eux/elles sur leurs expériences et les divers sujets qui les touchent. L’informalité de ces lieux pourrait permettre la création de liens sociaux significatifs entre les jeunes, mais aussi avec les intervenant.e.s présent.e.s. Ainsi, cela pourrait permettre aux jeunes de se confier à ces adultes au début d’une expérience de cyberviolence plutôt qu’au moment où ils ou elles sont en crise.

L’éducation aux TICs et au Web (Réf. 4)

Voici trois notions à travailler avec les jeunes de façon collective

Les données personnelles

Toute information identifiant directement ou indirectement une personne (nom, numéro de téléphone, photographie, date de naissance, commune de résidence, empreinte digitale…).

La netiquette

Sur internet, un certain nombre de règles et de bonnes pratiques implicites se sont imposées au fil du temps, fondées sur la courtoisie et le respect de l’autre. On emploie le mot-valise «netiquette» pour désigner cette convention informelle qui définit les règles de conduite et de politesse recommandées depuis les premiers médias de communication sur internet.

Les traces numériques

Ce terme désigne les informations qu’un dispositif numérique enregistre sur l’activité ou l’identité de ses utilisateurs et utilisatrices, soit automatiquement, soit par le biais d’un dépôt intentionnel de leur part. Moteurs de recherche, blogs, sites de réseautage social, sites de commerce électronique, mais aussi cartes à puce, titres de transport, téléphones mobiles: tous les systèmes qui requièrent une identification ou une interaction sont susceptibles de capter des informations sur les utilisateurs et utilisatrices – parcours, requêtes, préférences, achats, connexions, évaluations, coordonnées.

Six recommandations pour une prévention efficace

Voici quelques éléments à prendre en compte quand on monte des programmes d’élimination et de prévention de cyberviolence: (Réf. 5)

L’implication des jeunes

Mettre l’emphase sur une approche qui part de la base et implique les jeunes dans tous les aspects de la mise sur pied des programmes de prévention.

L’échange de connaissances

Promouvoir l’échange de connaissances et la collaboration avec d’autres qui travaillent à prévenir la cyberviolence. Les intervenant.e.s interrogé.e.s dans notre étude (Réf. 6) ont noté le manque de concertation et de continuité des services pour intervenir dans des situations de violence médiées par les TIC et le Web.

Le partenariat

Développer des partenariats avec les écoles afin de tenter d’introduire de l‘information sur la prévention de la cyberviolence dans le curriculum des cours et afin d’impliquer les jeunes leaders.

La reconnaissance du problème

S’assurer que les personnes soient conscientes du problème. On peut avoir tendance à nier ou à banaliser les situations rencontrées et à vouloir les réduire à quelque chose de «normal» chez les jeunes. De plus, les jeunes considèrent souvent que les adultes ne sont pas en mesure de résoudre la situation car, ils ne savent rien des médias sociaux. Ainsi, la formation des intervenant.e.s en «numérique» peut aider à réduire leur scepticisme.

Un code de vie

On peut s’assurer d’avoir un code de vie ou des règles explicites et appropriées par tous et toutes afin de permettre de vivre et d’agir ensemble, mais aussi pour aider à développer un sentiment de justice chez les jeunes. La réflexion peut aussi porter sur la nécessité d’ajouter les enjeux liés à la cyberviolence au règlement intérieur, et sur l’élaboration de ces règles par les jeunes eux-mêmes afin de protéger la communauté et les individus contre les usages violents du numérique. Après des épisodes de cyberviolence, des actions portant sur la justice réparatrice peuvent contribuer, dans certains cas, à rétablir un cadre commun de vie et de travail.

Les signaux du mal-être

La prévention des violences et du harcèlement médiés par les TIC passe par une attention collective aux signaux, même faibles, de mal-être chez les jeunes. Une attention particulière peut concerner les jeunes qui présentent des vulnérabilités. Un travail de prévention des discriminations mené au sein de l’organisme peut aussi contribuer à éviter que ne surviennent des cyberviolences, en particulier celles qui ont un caractère sexiste, raciste ou homophobe.

Mais l’école ils essayent quelque chose. Mais je trouve que c’est pas les bonnes façons. Ils devraient trouver d’autres manières. Admettons quand tu te fais intimider, d’adopter toute suite des solutions. Faire des rencontres, pas laisser-aller. Pis à la fin, garder un suivi. De demander de temps en temps: «Ça tu recommencé? Y as-tu quelqu’un qui a recommencé à te gosser?»

(Extrait tiré des propos d’une fille consultée lors des groupes de discussion)